Dernières chroniques

Dernières chroniques publiées


Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles

lundi 21 décembre 2015

Sissi, impératrice d'Autriche, Jean des Cars


En 1898, Sissi était assassinée à Genève par un anarchiste italien. Depuis, l'impératrice d'Autriche et reine de Hongrie est devenue un mythe. Souveraine à la beauté légendaire, fantasque et solitaire, elle a inspiré peintres, poètes, psychanalystes, cinéastes.
Voici la Sissi historique, cette princesse bavaroise qui, en 1854, épouse l'empereur François-Joseph. A Vienne, on la critique; à Budapest, sous le prénom d'Erszébet, on la vénère, car elle défend le nationalisme magyar contre l'emprise autrichienne.
Voyageuse acharnée, Sissi se réfugie aux frontières du non-conformisme, plus lucide que bien des diplomates sur les déchirements balkaniques.

Pendant cinq ans, l'enquête de Jean des Cars l'a conduit dans l'ancien empire des Habsbourg à la rencontre des descendants de Sissi, et à la recherche des archives et de souvenirs inédits.



Mon avis :

J'ai connu Sissi grâce aux films et j'ai su par la suite que cette version de la vie de l'impératrice avait été embellie. C'est donc pour mieux la connaître que je voulais lire cette biographie.

Ce que je veux dire d'abord, c'est à quel point elle est complète. Elle reprend toute la vie de Sissi, de son enfance à son décès en passant par tous les événements marquants, qu'ils soient de nature privée ou publique. En tant qu'impératrice, elle a vécu de nombreuses choses : des complots, des trahisons, des alliances, des guerres, etc. Mais elle en vivra aussi beaucoup en temps que femme : des grossesses, des conflits avec son entourage, des amitiés,... Tout cela est raconté avec une grande rigueur. Le contexte politique est un peu difficile à suivre, de même qu'il n'est pas évident de comprendre tous les liens familiaux mais il ne manque aucune information pour comprendre l'époque et l'environnement familial un peu particulier de Sissi.

Ce roman présente aussi la personnalité de Sissi. J'avais lu qu'elle était invivable à cause de son égoïsme mais c'est plus complexe que cela. Sans en faire une personne adorable, l'auteur la présente simplement comme une femme ayant eu une vie incompatible avec sa personnalité. Elle était misanthrope et n'aimait pas la foule mais elle était un personnage public... Elle montre à plusieurs reprises qu'elle peut jouer un vrai rôle et soutenir son époux sur la scène nationale mais aussi internationale. L'auteur raconte la vie et les choix de Sissi mis en lumière par son caractère de façon objective et je me suis attachée à elle, bien plus que quand elle est présentée comme parfaite (comme dans les films avec Romy Schneider). 
 
J'ai aussi apprécié d'en apprendre plus sur l'archiduchesse Sophie car elle n'est plus à mes yeux l'insupportable belle-mère mais une femme voulant faire au mieux. Rodolphe, le fils de Sissi, a également une vie intéressante (mais tragique) et j'aimerais mieux la connaître. Car dans ce livre, il est question du drame de Mayerling mais tout ce qui est évoqué peut être plus développé.

Mais celui qui m'a le plus touchée, c'est François Joseph. Cet homme a vécu tellement d'épreuves publiques et privées avec une telle force de caractère que je peux dire de lui que c'est un grand homme. Il s'est, de plus, toujours montré compréhensif avec Sissi. C'est un homme émouvant.

Cette biographie est très bien référencée, par des faits et des témoignages et elle réussit parfaitement l'alliance entre l'historique et le personnel. Ce livre est complet et touchant car en dévoilant les charmes et les blessures de chacun, il fait de tous ces personnages publics des êtres humains touchants auxquels on s'attache et dont le destin nous émeut.



mercredi 22 juillet 2015

L'histoire de France selon Facebook, Baptiste Thiébaud


S’appuyant sur une chronologie réelle, l’auteur détourne les épisodes les plus connus de notre histoire nationale. Le fil d’actualités court ainsi de l’arrivée des premiers hommes sur le territoire aujourd’hui français jusqu’à la création de Facebook en 2004. Le livre convoque personnages historiques et contemporains pour mieux jouer avec nos références, celles qui subsistent de nos apprentissages scolaires, et les codes de ce fameux réseau social.

Homo Sapiens vient de liker le mur de Lascaux. Valérie Damidot trouve que ça manque de rayures. Et vous ?



Mon avis :

Je tiens tout d'abord à remercier Babelio pour la découverte de ce livre qui m’intriguait énormément ! Mais je suis désolée de dire que je ne l'ai pas du tout apprécié... 


Je m'attendais à ce que ce livre soit bourré d'humour et accessible aux simples amateurs de l'histoire de France mais ce n'est pas le cas. 
Certaines références sont assez pointues pour qui ne s'intéresse qu'en surface aux événements, par exemple : si on connaît tous Louis XVI, le nom de Maurepas évoque surement moins de choses... De plus, quand on ne connaît pas l'histoire dans sa globalité, il est difficile de suivre les événements et les liens qui les unissent.

Et en ce qui concerne l'humour, ça n'a pas fonctionné avec moi (certains commentaires* m'ont fait sourire mais aucune franche rigolade) car les situations cocasses ne sont pas exploitées ; soit parce que l'auteur n'a pas fait d'anachronismes (mais j'y reviens dans la suite de la chronique), soit parce que les commentaires n'ont pas plus d'une réponse. Par exemple, quand Mme de Maintenon affiche son mariage secret avec Louis XIV, celui ci répond "WTF ? Qu'est ce que tu n'as pas compris dans l'expression "mariage secret" ?! On va avoir des problèmes.", il n'y a aucune autre réaction. Donc la situation qui aurait pu être amusante, avec des réponses de Mme de Maintenon ou de Madame de Montespan (la première était gouvernante des enfants de la seconde tout de même), n'inspire ni rire ni même de l'intérêt. Ce n'est pas le seul événement qui est survolé comme ça et c'est bien dommage ! Je comprends qu'on ne peut pas tout raconter dans un livre aussi peu épais, mais dans ce cas il fallait faire le choix de ne développer que certains faits et pas d'autres : on nous mentionne la pascaline mais on ne fait que deux statuts sur Louis XV ?! Dans ce cas, autant ne parler ni de l'un ni de l'autre et développer la Révolution française.


En ce qui concerne les anachronismes, vous pourriez me dire que c'est bien s'il n'en fait pas et vous n'auriez pas vraiment tort. Sauf que quand Philippe IV organise une réunion des états généraux et que Louis XVI lui répond "C'est vraiment une idée de merde.", on perd tout le comique de la situation car personne ne lui répond (forcément, Philippe IV est mort depuis 400 ans). On aurait pu passer outre le respect du temps pour imaginer quelles seraient les réactions de certaines personnalités historiques aujourd'hui par exemple. Vous imaginez la réaction de Louis XIV en voyant la France dans laquelle nous vivons ? Ça pourrait être vraiment très intéressant mais l'auteur s'est limité à ce qui était temporellement possible...


Toutefois tout n'est pas négatif. Les fonctionnalités de Facebook sont bien utilisées et j'ai bien aimé l'idée de Robespierre jouant à "Grande Terreur Saga". Par contre, si je ne me trompe pas, le principe du hashtag qui est utilisé dans le livre vient à l'origine de Twitter et n'a donc pas trop sa place ici mais c'est un détail. L'histoire de France est respectée et on couvre toutes les périodes de la préhistoire à nos jours et l'importance donnée à certains événements plutôt qu'à d'autres est une question subjective donc je ne me prononcerai pas là dessus (moi qui adore la période napoléonienne, je comprends bien qu'on en parle peu vu sa courte durée).


Le problème de ce livre, selon moi, est qu'il n'assume pas son but jusqu'au bout. Si le but est de faire un ouvrage pour connaisseur, il n'est pas assez complet. Si le but est de faire un ouvrage drôle, il ne s'autorise pas assez de libertés. Vous comprendrez peut être mieux ce que je veux dire avec un exemple : Facebook du Seigneur des Anneaux où Aragorn compare le Palantir à chatroulette et en discute avec Sauron. Bref, je suis déçue parce que je m'attendais à franchement m'amuser avec ce livre et que je me suis royalement ennuyée !




*Philippe IV à propos de l'éxécution de Jacques de Molay : "Il suffira d'une étincelle." Johnny Hallyday aime ça.
*Sylvain Deparis à propos de la construction de la Tour Eiffel : "C'est quoi ce phallus géant ? On dirait un plug anal."

vendredi 27 février 2015

Le roi de fer (Les rois maudits, tome 1), Maurice Druon


Alors qu'Isabelle, reine d'Angleterre, se ligue à son cousin Robert d'Artois pour mettre à jour les tromperies de ses belles-soeurs en France, son père, Philippe le Bel, roi beau mais cruel, détruit et condamne les Templiers, qui n'ont pas voulu de lui.

Or, le grand maître des Templiers, à l'instant de brûler sur le bûcher, maudit ses ennemis...



Mon avis :

J'aime énormément cette saga, lors de ma première lecture, ce fut un de mes plus gros coups de cœur.

Il faut dire que j'adore les romans historiques : je trouve que c'est plus facile à lire que les livres qui traitent scientifiquement d'un sujet mais j'aime aussi que ça reste fidèle à ce qui s'est vraiment passé. Je ne demande pas que ce soit exactement pareil à la réalité mais il ne faut pas que ça parte dans tous les sens. C'est exactement ce que fait cette série, elle respecte l'Histoire en prenant quelques libertés.

C'est parfaitement équilibré entre réalité historique et fiction, ce qui fait qu'on comprend parfaitement en quoi des actes isolés ou apparemment insignifiants peuvent conduire à des événements d'une importance nationale voire plus grande encore. Ce roman réussit parfaitement à humaniser l'Histoire. Les personnages sont "vivants" et "humains", ils provoquent des sentiments et des réactions chez les lecteurs, mais ils restent aussi très crédible historiquement.

Aucun personnage n'est inutile à l'intrigue principale, même s'il n'agit qu'à son propre niveau. C'est le cas par exemple de Marie de Cressay qui ne fait rien d'autre que tomber amoureuse mais cela aura un énorme impact par la suite...

Je suis assez admirative de la façon dont l'auteur dépeint ses personnages. On ressent parfaitement la grandeur de Philippe le Bel, la prestance d'Isabelle, la force de caractère de Robert ou le mal être de Marguerite. Et même si celle-ci m'a prodigieusement énervée, je comprends ce qu'elle a fait vu le mari qu'elle a... Il est d'un ridicule cet homme...


Ce que j'aime particulièrement, ce sont les dialogues. A tel point que j'ai gardé en mémoire les paroles d'Isabelle à propos de ses belles sœurs : "Femme qui a fauté doit être à jamais écartée de transmettre le sang des rois", c'est tout simplement beau et vraiment, j'adore. Je trouve que c'est merveilleusement bien écrit et c'est un pur bonheur à lire.



jeudi 22 janvier 2015

Joséphine impératrice, tome 1, Yumiko Igarashi & Kaoru Ochiai


XVIIIe siècle sur l’île de la Martinique, la jeune Rose Tascher de la Pagerie grandit entourée d’une famille aimante. Jeune fille issue de la noblesse, elle vit librement et simplement, bien loin des conventions et du faste de la vie parisienne. En 1779, à 16 ans, elle est mariée au vicomte de Beauharnais. Commence alors pour la jeune fille un dur apprentissage de la vie, entre un mari volage qui la délaisse et l’isolement dans un pays qu’elle ne connaît pas, la jeune femme s’endurcit sans jamais se départir de la bonté et de la générosité qui la caractérise. Elle va bientôt reconquérir sa liberté et son indépendance, mais en attendant, les prémices de la Révolution grondent déjà dans Paris...



Mon avis :

Depuis quelques temps, je m’intéresse à tout ce qui touche à Napoléon. J’ai donc craqué sur les tomes 1 et 2 de ce manga trouvés en occasion. 


Ce premier tome raconte l’enfance de Joséphine en Martinique, plus connue à ce moment là sous le nom de Rose, et son arrivée en France. Je ne me suis pas assez renseignée sur sa vie pour juger de la véracité de tout ce qui est raconté mais j’ai trouvé l’histoire plutôt bien construite : on découvre Rose, son caractère, sa famille, les mœurs de l’époque à travers quelques événements marquants (après vérification, ça me semble correct historiquement). L’histoire est racontée par le compagnon de Rose, son domestique, qui la suit partout. C’est un garçon attachant, j’ai aimé voir Rose à travers son regard car elle y apparait comme une fille adorée mais il ne la considère pas aveuglément. C’est une jeune fille très douce qui subira les méchancetés des autres et devra changer pour s’adapter au monde.  J’ai quand même un peu peur de ce « changement » car pour coïncider avec ce qu’elle deviendra, il va falloir qu’elle effectue un sacré virage… 


Les autres personnages sont peu marquants sauf peut-être la maîtresse du mari de Rose car elle cache bien son jeu. En ce qui concerne les dessins, je les aime assez. Ils ont un style qui me fait penser à Candy pour les personnages mais les lieux sont assez bien dessinés (en rédigeant la chronique, je découvre que Yumiko Igarashi est l'auteure de Georgie et de Candy, ce qui explique les dessins). En revanche, je n’ai pas aimé du tout les dessins des yeux : dans les expressions les plus intenses, on dirait tout simplement qu’ils n’ont pas été dessinés et qu’on a mis un gribouillis à la place, c’est très moche. Le dessin est très enfantin et si c’est globalement assez joli, c’est en décalage total avec le sujet dont ça parle. 



dimanche 11 janvier 2015

Au coeur de l'histoire, Franck Ferrand


Depuis plus de huit ans, les auditeurs d'Europe I se sont habitués à la voix, au ton, mais aussi à l'esprit frondeur de Franck Ferrand. Grâce à lui, l'Histoire se pare chaque jour de nouvelles couleurs.

Voici enfin réunis une trentaine de récits, tirés des meilleurs numéros de l'émission "Au coeur de l'histoire". "J'ai choisi ces récits en fonction de leur force et de leur variété, explique Franck Ferrand, mais aussi de leur originalité...



Mon avis :

Ce livre traite de sujets divers et variés : des personnages historiques évidemment mais aussi des animaux et des objets. Pour vous donner des exemples, on a l'histoire des lions de Tsavo, la guerre de Sécession, la guillotine, la Commune de Paris ou Paul Doumer. Ce ne sont pas forcément des sujets très connus mais ils m'ont tous intéressée. J'avoue que je n'ai pas tout retenu, notamment pour ce qui concerne la Commune, c'est un événement avec lequel j'ai toujours eu du mal.


Chaque chapitre ne prend que quelques pages mais tout est dit, et tout est très bien dit. C'est très clair, concis et fluide. C'est un vrai plaisir à lire et la compréhension est vraiment facile. A chaque chapitre s'ajoute un commentaire citant notamment des documents qui permettent d'approfondir le sujet si on en a l'envie.


C'est donc un très bon livre pour qui veut en apprendre sur l'Histoire, sur plein de sujets différents. 


 

dimanche 28 décembre 2014

Le roman du Masque de fer, d'après Alexandre Dumas


Louis XIV a-t-il eu un frère jumeau tenu prisonnier sous un masque de fer ? Entre l'Histoire et la Légende, le prisonnier masqué a pris de multiples visages. Dans Le Roman du Masque de fer, on découvrira son histoire, telle qu'elle fut racontée par épisodes dans Le Vicomte de Bragelonne d'Alexandre Dumas. On suivra, grâce à un dossier, l'évolution des hypothèses sur l'identité de ce mystérieux personnage, depuis les premières rumeurs à la cour jusqu'aux versions, souvent romanesques, des historiens.



Mon avis :

Il s'agit de morceaux choisis du Vicomte de Bragelonne, complété par des indications sur ce que Dumas n'a pas écrit afin que le lecteur puisse comprendre l'histoire.


Je suis assez contente de l'histoire, même si elle est différente de ce à quoi je m'attendais (ayant vu Le Masque de fer avec Leonardo DiCaprio). Elle est assez réaliste et ce n'est pas plus mal. On reconnaît le style de Dumas dans les passages repris et j'aime toujours autant, surtout que ça ne foisonne pas de détails. Là où je suis déçue, c'est que je n'ai pas vu l'intérêt d'assembler les textes pour créer ce livre. L'auteur n'y est pour rien et c'est donc le travail des assembleurs qui me pose problème. C'est beaucoup trop court, on n'a pas le temps de réaliser ce qui se passe que c'est déjà terminé et on ne s'attache pas aux personnages. Parfois, j'ai même eu du mal à comprendre les transitions entre les événements et ça devenait confus.


Je pense sincèrement que Dumas n'a pas écrit assez sur le sujet pour en faire un livre indépendant, même en ajoutant des passages explicatifs. A tel point que les textes documentaires à la fin du livre sont plus intéressants que le récit lui-même.





Publié le 19 janvier 2013

samedi 6 décembre 2014

Amerigo, Stefan Zweig


L'Amérique, chacun le sait, aurait dû s'appeler Colombie. Amerigo Vespucci, qui lui donna son nom, n'avait en rien contribué à sa découverte, ni même revendiqué ce privilège. Alors, pourquoi lui ? Dans cet essai écrit en 1941 au moment où il s'installe en Amérique ? Stefan Zweig reconstitue l'enchevêtrement des circonstances, des hasards et des malentendus qui sont à l'origine de cette étrange erreur.Écrivain constamment soucieux d'élargir son horizon, il nous invite ici à voir le monde avec les yeux des hommes du xve siècle, leurs connaissances, leurs incertitudes, leurs moeurs. Un an avant sa mort volontaire, il nous fait mesurer, aussi, l'incommensurable distance qui se creuse entre le vécu et la mémoire, entre les perceptions du présent et ce que les siècles futurs retiendront de nous ?



Mon avis :

Je voulais vraiment lire Stefan Zweig mais pas que le livre concerne un personnage historique dont parle les livres que j'ai (comme Marie Antoinette ou Marie Stuart). C'est comme ça que je suis tombée sur Amerigo et je l'ai pris car la couverture est super belle et le sujet intéressant.

Le livre est assez court (une petite centaine de pages) mais se lit lentement car le style est assez lourd. Je le déconseillerais donc pour une lecture détente ou juste pour le plaisir. Par contre, quand on s'intéresse à la question du nom de l'Amérique, c'est très intéressant et très complet sans pour autant entrer dans les détails inutiles. L'auteur aborde à la fois tous les hasards ayant conduit à nommer le nouveau monde "Amérique" mais revient aussi sur Vespucci lui même et l'image qu'on avait de lui à certaines époques.


Je savais finalement très peu de choses et ce fut une lecture très instructive. C'était aussi assez amusant de voir comment, de presque rien (quelques lettres), les hasards peuvent conduire à quelque chose d'aussi énorme. Parce qu'une fois que le nom a été donné à ce nouveau monde, on ne peut plus revenir en arrière et on imagine mal comment ça pourrait être autrement.


Je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce livre sinon je vais tout vous raconter, et je pense qu'il est plus intéressant de le lire soi même. En bref, c'était un peu long à lire mais c'était intéressant et il est assez impressionnant de constater que ça aurait pu se passer de tellement de manières différentes que c'est forcément comme ça que ça devait se passer.




Publié le 13 septembre 2012

samedi 23 août 2014

Les Borgia, Alexandre Dumas


Vers 1840, les directeurs de journaux et les éditeurs s'arrachent Dumas, qui entreprend " Les crimes célèbres ", vaste saga historique de la violence. du meurtre et du sang. La figure de César Borgia, fils du pape Alexandre VI, cardinal à seize ans et condottiere absolu ensuite, domine cette famille illustre qui va se construire un royaume dans l'Italie renaissante. César, qui connaît " le bon usage de la cruauté ", élimine par le fer ou le poison ses principaux rivaux, et autant de petits despotes qui rançonnent et asservissent leurs sujets. À Rome, il entend redonner une influence, une armée, de l'argent. En homme d'État sans scrupule et habile, il soutient la bourgeoisie contre l'arbitraire d'une odieuse féodalité. A ce titre, César Borgia est bien le modèle qui inspira Le Prince de Machiavel.



Mon avis :

J'avais beaucoup aimé mes précédentes lectures de Dumas (Les Trois Mousquetaires et La Reine Margot) et j'ai entendu tellement de choses sur les Borgia que je m'attendais à apprécier, voire à adorer, cette lecture. Ce ne fut malheureusement pas le cas.


L'histoire est intéressante, il s'agit d'une vision de ce qui s'est passé en Europe de l'élection de Borgia père jusqu'à la mort de Borgia fils. C'est surtout autour de ce dernier que tourne le récit mais il ne faut pas s'attendre à un personnage "romancé". On suit ses conquêtes sans jamais approfondir celles ci ou le caractère des différents protagonistes. C'est vraiment ce qui manque dans ce livre, on survole tout sans s'y arrêter, ce qui rend les personnages vraiment peu intéressants. Alexandre est finalement peu mis en avant, Lucrèce encore moins ! Ce qui est dommage car elle a juste l'air d'un pion. Il est fait mention de sa tristesse mais elle continue à obéir donc ça ne sert à rien. Les histoires de poison sont toutes aussi peu approfondies. Les meurtres, les chantages, les menaces, etc sont tout juste mentionnés.


Ça avait pourtant bien commencé avec la description de l'ambiance lors du conclave et des manigances des Borgia. Mais après, ça n'est plus qu'une suite de noms de villes et de personnes dans laquelle je me suite vite perdue. C'est intéressant d'un point de vue historique (et encore, je n'ai rien vérifié donc j'ignore si tout est vrai) mais trop impersonnel pour qu'on s'y plonge avec plaisir.




Publié le 6 août 2012

Les Borgia, Juliette Benzoni


Crime, sexe et pouvoir : voilà ce qu'évoque immédiatement le nom de Borgia. De cette famille valencienne qui donna deux papes et régna sur la Rome du XVe siècle, l'histoire a surtout retenu la légende sulfureuse : poison, fratricide, inceste et stupre sous les ors du Vatican, pour lesquels trois personnages, le pape Alexandre VI et deux de ses enfants, César et Lucrèce, semblaient vouloir rivaliser. Tiré de Suite italienne, cet extrait centré uniquement sur les Borgia nous fait revivre l'Histoire de cette famille inégalable et inégalée.



Mon avis :

Ce livre raconte la même histoire que celui d’Alexandre Dumas mais en beaucoup plus fluide. C’est donc avec plaisir que j’ai « relu » l’histoire des Borgia. On suit surtout Lucrèce et César, deux des enfants Borgia et malgré la brièveté du roman, je me suis attachée à Lucrèce et j’ai eu aussi le temps de détester César. Les personnages sont plein de passions, de sentiments excessifs et ne reculent devant rien. On se rend vite compte que c’est avec ce genre de personnes (bonnes ou mauvaises) que l’Histoire se construit. Et j’adore découvrir et suivre les vies de ceux qui ont pu changer les choses.

Le roman est en fait composé de morceaux choisis de « suite italienne » mais ils forment quand même une histoire complète et assez facile à suivre malgré le nombre d’événements. Une fois plongée dans le livre, j’ai eu du mal à en décrocher, c’était vraiment intéressant et très agréable à lire. Le roman est assez court mais ça suffit pour survoler l’histoire de cette fameuse famille et s’arrêter à quelques événements. J’ai particulièrement aimé l’épisode de la dame de Forli, fort impressionnante. J’ai pris plaisir à l’imaginer lutter verbalement contre ce détestable César.

Les descriptions m’ont mises en situation et je n’ai eu aucun mal à « voir » ce qui se passait dans le roman. Ce n’était qu’un aperçu de où l’auteure peut nous emmener et je pense que d’autres de ses romans vont rejoindre ma bibliothèque.




Publié le 1er janvier 2013

mercredi 23 octobre 2013

La maladie du roi, Christian Carisey


Versailles, 1686.

Le règne du Roi-Soleil vacille. Louis XIV doit mener bataille contre les puissances européennes. Il doit aussi lutter contre une fistule venue s'ajouter aux nombreuses maladies qui attaquent son corps abîmé. Alors que l'ambassadeur du Siam attend d'être reçu, le jeune chirurgien Félix de Tassy est chargé d'opérer le roi. De son intervention dépend la survie du pouvoir. Pendant ce temps, les espions rôdent à Versailles tandis que les Jésuites rêvent de convertir les populations d'Extrême-Orient.



Merci beaucoup aux éditions Cherche Midi et à Babelio pour ce roman.



Mon avis : 

Aussitôt reçu, aussitôt lu ! C’est comme ça que je pourrais résumer cette lecture car j’ai dévoré ce roman. Il a une réalité historique, Louis XIV a bien été opéré pour une fistule annale et tout son entourage a dû faire avec, même si chacun a réagi différemment. Ce sont ces réactions que l’on découvre alors que le roi va de plus en plus mal. 


L’auteur ne prend pas le temps de s’attarder sur la psychologie de chaque personnage (même pas pour les personnages centraux comme Louis XIV et Felix, le chirurgien du roi) mais il nous fait quand même partager quelques-unes de leurs pensées. Etrangement, c’est largement suffisant pour les apprécier. Ce sont des personnages réels, ils ont donc une existence concrète qui dispense de devoir leur donner une consistance. Hormis deux ou trois, tous les intervenants du récit ont existé et il m’a suffi de le savoir pour les apprécier (ou non).


L’élément central de l’histoire est vraiment la maladie du roi. Je n’aurais pas cru qu’on pouvait faire un roman là-dessus mais si. Et ça fonctionne, c’est hyper intéressant. Ça l’est parce qu’on apprend des choses sur la politique étrangère, sur le conflit entre catholiques et protestants, sur l’influence de Mme de Maintenon, sur la visite de l’ambassade de Siam mais aussi sur l’évolution de la chirurgie et l’envie de comprendre le monde. 

Si tout cela tient dans ce court roman, c’est parce que ce n’est pas enrobé de détails. Les dialogues et la narration vont à l’essentiel et c’est ce qui rend le récit aussi passionnant : j’aime l’Histoire (mais souvent les livres d’histoire sont ennuyeux) et j’aime qu’elle soit romancée (même si parfois ça part dans tous les sens et on ne distingue plus le vrai du faux). Et ici, l’auteur conjugue parfaitement les deux, c’est raconté simplement et efficacement. Il a inventé certaines choses et nous propose par exemple une des explications sur le mystère de l'homme au masque de fer, mais ça s'intègre parfaitement.


Ce fut un vrai coup de cœur ! Et c’est bien la première fois que je trouve la narration au présent agréable, ça donne l’impression de vivre un morceau d’Histoire comme si on y était.



samedi 7 septembre 2013

Les adieux à la reine, Chantal Thomas


Un silence consterné, quelques apartés, des ordres donnés, des seigneurs qui se déguisent en domestiques, et ces voitures au galop sur les chemins. Il n’y avait pas de lune en cette nuit du 16 juillet 1789, et lorsque je me suis retournée sur Versailles, le château, caché par la forêt encore plus sombre que le ciel, avait disparu… Je voudrais raconter cette désertion.



Mon avis :

De la révolution je ne connaissais que la vision populaire et ce roman nous montre ce qui s’est passé de l’autre côté, à Versailles. L’aspect original, qui m’a beaucoup plus, est que c’est une lectrice de la reine, Mme Laborde, qui nous raconte cette histoire et malgré sa proximité avec la reine, elle n’existe pas vraiment à ses yeux, ce qui en fait une spectatrice capable de raconter les évènements sans les vivre réellement.



D’emblée la présentation du château contrarie l’image que j’en avais : c’est un lieu sale et puant, et pourtant on y vit avec plaisir et tout le monde envie cette chance. J’ai visité Versailles et on a du mal à se l’imaginer comme ça. C’est un monde totalement à part et pour la narratrice, au delà il n’y a rien. Malgré ce qui se passe à Paris, on aura le temps de découvrir certains endroits de Versailles comme le Petit Trianon ou la ménagerie.



La révolution se devine plus qu’elle ne se vit, on comprend à travers les réactions que quelque chose de grave se passe. Pas de batailles, pas de sang, simplement une femme qui voit son monde s’écrouler. Et c’est ce qu’elle nous raconte. J’ai beaucoup aimé avoir cette vision là de 1789, ce grand départ de Versailles, cet abandon de tout, cette peur qui grandit peu à peu. J’ai été choqué du peu de considération des parents envers leurs enfants et des méfaits de certains, c’est un aspect assez noir mais qui apporte plus de force et de réalité à l’évènement.


J’ai été très touchée par la façon dont sont décrits Louis XVI et Marie-Antoinette. Je me suis même demandé ce qu’ils faisaient là, lui qui n’aimait pas le pouvoir, elle qui se sent une étrangère. La narratrice a une adoration pour la reine qui contraste totalement avec la vision du peuple (c’est ce qui apparaît quand elle surprend une discussion entre deux gardes). Voir Marie-Antoinette être abandonnée par tous ceux qu’elle croyait être des amis fait vraiment de la peine, de même que sa résignation alors qu’elle voulait fuir elle aussi. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que ceux qui sont restés sont ceux qui avaient le moins leur place là…


Mme Laborde finira elle aussi par quitter Versailles et vu son attachement à Marie Antoinette, sa vie sera comme arrêtée à ce moment là. Si j’ai adoré la visite de Versailles et la fuite de ses occupants, je me suis ennuyée dans les passages racontant le présent. Les pensées de Mme Laborde sont parfois difficiles à suivre, et ajoutées au manque d’action de ces passages, c’était franchement pas intéressant. Le cercle d’amis ne voulant plus parler de la reine, le temps passé chez un ami, les réflexions personnelles, etc, tout ça n’a rien déclenché chez moi sinon une envie de lire plus pour pouvoir retourner à Versailles.


J’ai beaucoup aimé me plonger dans ces quelques jours qui ont détruit tout un univers, celui de Versailles. Et même si certains passages ne m’ont pas plu, l’ensemble est quand même très bon.




Publié le 18 mai 2013

vendredi 19 juillet 2013

L’excessive, Alexandra Lapierre


Le livre retrace la vie d’Elizabeth Chudleigh dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Elle sut séduire les puissants et vivre sa vie pleinement, ce qui en fit une femme de scandale mais à la vie passionnante.



Mon avis : 

Si vous voulez entrer dans l’esprit de cette femme qui fut l’amie du roi d’Angleterre, de l’impératrice de Russie mais qui connut aussi le pape, passez votre chemin car le livre n’aborde pas la vie de Miss Chudleigh d’un point de vue personnel. Vous connaîtrez l’histoire de cette femme envoûtante : son enfance, ses rencontres, les deux plus grandes erreurs de sa vie, son procès, … L’auteur vous dira sa peine, sa colère ou sa joie. Mais il s’agit plus de vous raconter les choses plutôt que de vous les partager. Même si je comprends ce qui a pu séduire autant chez Miss Chudleigh, je n’ai pas été séduite moi même.


Ce n’est pas comme d’autres romans qui sont un moyen de se plonger, de revivre, une époque et un style de vie mais l’auteur nous raconte d’une façon détaillée et documentée l’histoire d’une femme à la personnalité exceptionnelle. C’est assez prenant pour qui aime qu’on lui raconte des histoires, et j’adore ça, mais ce n’est pas une lecture qui bouleverse.


Même si ce n’est pas une plongée dans l’histoire comme je les adore, c’est beaucoup plus réel et on ne se demande donc pas ce qui fiction et ce qui ne l’est pas. De plus c’est très bien écrit et ça se lit avec plaisir.




Publié le 13 mai 2012