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jeudi 18 décembre 2014

Coeur rebelle (La famille York, tome 1), Victoria Dahl


Dans l'Angleterre du XIXe siècle, Marissa York est une jeune fille de bonne famille, qui par son caractère un peu trop rebelle se retrouve compromise, après une embarrassante fin de soirée. Son frère, Aidan, lui trouve un prétendant de secours en la personne de Jude Bertrand qui, séduit par le côté impétueux de la demoiselle, se propose de l'épouser afin de sauver sa réputation. Cette idée n'est cependant pas du goût de l'intéressée, qui estime que Jude n'est pas l'homme idéal. Certes, ce n'est pas un gentleman : sa carrure imposante et ses traits grossiers peuvent effrayer de prime abord. Cependant, les opinions et les sentiments peuvent changer.



Mon avis :

J'ai acheté Les filles de Mr Darcy et Coeur rebelle pour découvrir la collection Pemberley de Milady romance. Le premier fut une déception et la lecture des premiers chapitres du second laissait entrevoir une impression identique. J'ai donc stoppé ma lecture et je l'ai reprise parce qu'il me fallait une lecture légère entre Le trône de fer et La nouvelle Héloïse de Rousseau. Finalement je suis plutôt contente de ce roman.


Marissa m'avait déplu au départ et ce sentiment n'a pas changé au fil du roman. Elle est présentée comme une femme à deux visages et celui qu'elle a dans l'intimité est très bien présenté. Elle est à la fois innocente et curieuse de la sexualité, ce qui n'est pas forcément étonnant à une époque où ce genre de choses n'est pas dans toutes les discussions (surtout les convenables ^^). Au début, j'ai cru que cette soif de connaître et d'apprendre était la marque d'une fille qui refuse les convenances, une rebelle quoi. Mais en fait, elle est juste superficielle. C'est même dit clairement dans le livre mais elle est censée avoir un deuxième visage, celui d'une fille bien comme il faut. Celui là (celui qui aurait donné tout son intérêt à ce personnage), je ne l'ai pas vu. Les scènes dans le monde servent la romance (danse, jalousie, ...) mais jamais je n'ai vu de démonstration des talents de Marissa pour tromper les personnes qui l'entourent.


Les personnages secondaires sont sous exploités et c'est dommage car les confidences entre amies, les échanges entre rivaux, les dîners, les bals, etc. peuvent être l'occasion de moments vraiment biens. La famille de Marissa ne m'a pas touchée : je n'ai ressenti aucun lien profond entre frères et soeur, et leurs histoires personnelles ne sont pas assez mises en valeur. Il n'était pas nécessaire d'en dire beaucoup mais même l'histoire du frère (qui est sujet du 2ème tome) ne m'a pas paru intéressante. J'ai adoré Jude qui, par ses origines et sa place dans la société, son caractère et ses intentions, est un personnage attachant et intéressant. Il est beaucoup plus complexe que Marissa et c'est ce qui "sauve" leur relation.


L'histoire est basique : ils jouent à "je t'aime, moi non plus". On sait comment ça va se terminer mais la romance est très bien écrite avec ses moments d"introspection et les conclusions qui en découlent juste au bon moment. Ce qui m'a gênée, c'est que cela ne s'applique pas vraiment aux pensées de Marissa : elle se rend compte que parler à Jude lui manque mais dès qu'elle le revoit, elle ne pense qu'à ses lèvres et à ses cuisses... Ça manque aussi un peu de moments de vrais complicité où l'attirance physique n'est pas impliquée (surtout du côté de Marissa) pour renforcer l'idée d'amour. Mais je dois avouer que j'ai adoré voir Marissa et Jude se tourner autour :) L'histoire du chantage était bien trouvée mais la fin est juste ridicule, régler ça par quelques pleurs franchement... Le côté historique est très peu exploité, on parle de convenance et de mariage mais ça reste limité. On pourrait presque situer l'histoire dans un autre lieu et une autre époque. Par contre, les dialogues et le ton employé par l'auteur sont tout à fait dans le style de l'époque.


J'ai beaucoup aimé ce roman car malgré un cadre historique inexistant et un manque de profondeur, il était amusant de voir Jude et Marissa se chercher. Mais je ne lirai pas la suite car j'ai surtout apprécié Jude et la famille York ne m'a pas vraiment intéressée.




Publié le 17 juillet 2012

mardi 16 décembre 2014

Baiser sucré (Cupcake Club, tome 1), Donna Kauffman


Quand Leilani Trusdale, pâtissière émérite, se réfugie sur la petite île de Sugarberry, dans le sud des États-Unis, elle pense laisser derrière elle son passé new yorkais. C’est alors que son ancien chef et mentor, Baxter Dunne, débarque sans crier gare pour tourner une émission culinaire dans sa boutique de cupcakes. Avec son regard de braise, il a le don de faire rougir l’adorable pâtissière… Ces deux-là ne partagent-ils pas davantage que leur goût immodéré pour le glaçage au chocolat ?



Mon avis :

Je l'avoue, j'ai une image assez négative des romances et c'est uniquement la couverture qui m'a décidée à acheter ce livre. Je m'attendais à une histoire superficielle (ne pas y voir du négatif, pas toujours besoin d'une intrigue hyper complexe pour faire une bonne lecture), des personnages agaçants (je veux je veux pas, elle/il est trop bien pour moi, ...) et des scènes torrides à peine crédibles. Il faut le dire, je me suis trompé.


L'histoire est un peu lente au début mais ça ne m'a pas dérangée. Au contraire, je trouve que ça permet de mettre en place les caractères des personnages et leurs relations, ce qui est indispensable puisque nos héros se connaissent déjà et ont déjà tout un tas de sentiments. Le roman passe plus de temps sur l'évolution de la relation entre Baxter et Lani que sur leur couple, et heureusement car ça sentait déjà un peu trop la guimauve à mon goût à ce moment là. On sait très bien comment ça va finir mais je trouve que l'histoire est vraiment bien écrite, bien rythmée et à aucun moment j'ai trouvé que ça allait trop ou pas assez vite. De plus, la pâtisserie (et les cupcakes) sont présents tout au long du roman et ce n'est pas juste pour faire une jolie couverture. La cuisine a une importance pour chacun des personnages et ça se ressent. On alterne le point de vue de Lani et celui de Baxter, ce qui permet de mieux comprendre les motivations et les doutes de chacun quand ils font des choix.


J'ai beaucoup aimé les personnages, ils ont tous du caractère et sont attachants. L'auteure ne s'est pas contenté de nous sortir les personnages clichés, ils ont une vraie personnalité et une vraie histoire passée (commune ou nom). Les relations qui les unissent sont tout à fait crédible et on comprend pourquoi telle personne est amie avec une autre. On a même le droit à un personnage très amusant, Alva, la mamie excentrique qui se mêle de tout et qui a encore de l'énergie à revendre (un peu cliché mais tellement génial). Ce que j'ai apprécié dans le couple Baxter-Lani, c'est qu'il est normal : ils s'aiment et se désirent mais pas avec une passion qui brûle tout sur son passage. Lors des scènes intimes, l'auteure ne nous parle pas des mensurations du membre de monsieur ni de la perfection du corps de madame, on voit chacun avec les yeux de l'autre donc oui ils sont beaux mais non, l'auteure n'en fait pas trop à ce sujet.  Et surtout ces scènes sont assez courtes et peu nombreuses pour avoir du sexe et de la tendresse sans que ça devienne le principal sujet du roman. Elles servent à la relation des personnages mais sans plus, et c'est tant mieux.


En bref, c'est une romance assez gentillette, ce qui me convient parfaitement. Elle suffit à me faire rêver mais si vous aimez les grandes passions, ce roman n'est probablement pas pour vous ;) (sauf si vous êtes fan de cupcakes :P )




Publié le 4 décembre 2012

samedi 13 décembre 2014

Alice au pays des trop vieilles, Cristina Alonso


Alice a un mari, deux enfants, un chat, un job et tout va bien. Jusqu'au jour où son patron décide de la remplacer : " Trop vieille. " " TROP VIEILLE ? " A 41 ans ? Enfin non, 46, mais ça personne ne te sait... Alice appelle ses copines à la rescousse, entame un régime, songe parfois au Botox et à la chirurgie plastique... Mais non, la dictature de la jeunesse ne la mettra pas à terre ! Drôle et insolent, un livre jubilatoire pour toutes celles qui ne sont pas si vieilles et ne voient pas pourquoi elles le deviendraient.



Mon avis :

De nos jours, les femmes sont soumises à pas mal de pression concernant leur âge, leur poids, leur façon de s'habiller/se maquiller, etc. Il n'y a qu'à voir le nombre de pubs pour les crèmes et les régimes. C'est à ça que m'a fait penser cette lecture parce que quoi qu'on en dise, on se soumet plus ou moins à tout ça. Quand Alice est virée car trop vieille, elle remet tout en question.

On suit donc Alice qui doit accepter son âge, accepter aussi d'être elle même. Elle m'a parfois touchée, parfois amusée mais parfois elle m'a gonflée. Moi qui ne rentrerai jamais dans un 38, je ne comprends pas que ça soit THE taille. Je n'ai pas son âge et je ne comprends pas cette envie de rester éternellement jeune (mais peut être que ça viendra). Et puis il faut dire aussi que la chirurgie esthétique, je n'aime pas vraiment l'idée. Mais c'est aussi une femme qui a vécu et qui veut encore vivre, même si le monde ne semble pas toujours d'accord. Elle se bat et en cela, elle est touchante. Les copines et la famille d'Alice sont sympathiques avec leurs folies, leurs réactions et leurs discussions. Sans être envahissants, ils apportent un plus au récit.


J'ai aimé la façon dont c'est écrit avec la liste de choses à faire au début et le récapitulatif à la fin, le ton d'Alice et sa vision des choses qui l'entourent. C'est parfois un peu lourd mais c'est une lecture détente amusante.




Publié le 20 août 2012

mercredi 10 décembre 2014

La Baby-Sitter, Gudule


Étrange gouvernante pour de très bizarres enfants... Et si la rassurante baby-sitter se laissait dominer peu à peu par la sauvage et sanglante violence que contiennent les contes de fées qu'elle lit le soir aux enfants ? Les deux gamins pourront-ils échapper à celle qui tout d'un coup se prend pour l'ogre et traque les chères têtes blondes ? Le grand méchant loup se lèche les babines...



Mon avis :

Je suis sortie de cette lecture complètement étonnée, abasourdie. Je ne m'attendais à rien de ce qui s'est passé.

Il n'y a que trois personnages : les deux enfants et la baby-sitter. Il est donc facile de s'attacher à eux et je les ai beaucoup aimés car en quelques pages, on se rend compte que ce sont des personnages avec de sacrés caractères pour Cyril et Violette et que Lucie a un passé encombrant qui guette la moindre "faiblesse" de sa part pour se jeter sur elle.

Pour rendre compte de ce qui poursuit Lucie, l'auteure passe par les contes de notre enfance, les liant à son passé et leur donnant une toute nouvelle saveur. Je me suis récemment intéressée aux contes de Grimm et de Perrault (pour mes cours) et ça a été un vrai plaisir de les retrouver ici mais en beaucoup plus vivants. Lucie les raconte vraiment très bien et je pense qu'elle aurait réussi à me les faire vivre si j'avais été en face d'elle. L'auteure a vraiment su mêler les contes et le passé de Lucie, alternant l'un et l'autre tout en les faisant correspondre. Bref, j'ai été totalement conquise par ce mélange contes/souvenirs qui fait toujours craindre le pire concernant ce que la jeune femme a vécu.

L'auteure n'hésite pas à faire vivre d'horribles choses à ses personnages et c'est pourquoi je n'ai jamais rien su prévoir. La fin avec Violette m'a complètement retournée car je ne savais pas du tout ce qui allait arriver et je m'imaginais le pire. La chronique est assez courte mais je ne sais pas trop quoi dire à part que malgré ce qui se passe dans ce livre (âmes sensibles, s'abstenir !), j'ai adoré.




Publié le 13 février 2013

samedi 6 décembre 2014

Amerigo, Stefan Zweig


L'Amérique, chacun le sait, aurait dû s'appeler Colombie. Amerigo Vespucci, qui lui donna son nom, n'avait en rien contribué à sa découverte, ni même revendiqué ce privilège. Alors, pourquoi lui ? Dans cet essai écrit en 1941 au moment où il s'installe en Amérique ? Stefan Zweig reconstitue l'enchevêtrement des circonstances, des hasards et des malentendus qui sont à l'origine de cette étrange erreur.Écrivain constamment soucieux d'élargir son horizon, il nous invite ici à voir le monde avec les yeux des hommes du xve siècle, leurs connaissances, leurs incertitudes, leurs moeurs. Un an avant sa mort volontaire, il nous fait mesurer, aussi, l'incommensurable distance qui se creuse entre le vécu et la mémoire, entre les perceptions du présent et ce que les siècles futurs retiendront de nous ?



Mon avis :

Je voulais vraiment lire Stefan Zweig mais pas que le livre concerne un personnage historique dont parle les livres que j'ai (comme Marie Antoinette ou Marie Stuart). C'est comme ça que je suis tombée sur Amerigo et je l'ai pris car la couverture est super belle et le sujet intéressant.

Le livre est assez court (une petite centaine de pages) mais se lit lentement car le style est assez lourd. Je le déconseillerais donc pour une lecture détente ou juste pour le plaisir. Par contre, quand on s'intéresse à la question du nom de l'Amérique, c'est très intéressant et très complet sans pour autant entrer dans les détails inutiles. L'auteur aborde à la fois tous les hasards ayant conduit à nommer le nouveau monde "Amérique" mais revient aussi sur Vespucci lui même et l'image qu'on avait de lui à certaines époques.


Je savais finalement très peu de choses et ce fut une lecture très instructive. C'était aussi assez amusant de voir comment, de presque rien (quelques lettres), les hasards peuvent conduire à quelque chose d'aussi énorme. Parce qu'une fois que le nom a été donné à ce nouveau monde, on ne peut plus revenir en arrière et on imagine mal comment ça pourrait être autrement.


Je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce livre sinon je vais tout vous raconter, et je pense qu'il est plus intéressant de le lire soi même. En bref, c'était un peu long à lire mais c'était intéressant et il est assez impressionnant de constater que ça aurait pu se passer de tellement de manières différentes que c'est forcément comme ça que ça devait se passer.




Publié le 13 septembre 2012

lundi 1 décembre 2014

No et moi, Delphine de Vigan


Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semblé qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur. D. V. Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri...



Mon avis :

Ça faisait un moment que je voulais découvrir cette auteure et c'est suite au conseil de Maia que mon choix s'est porté sur No et moi.


J'ai cru au départ que ce serait l'histoire d'une SDF qui revient à une vie "normale" mais finalement, c'est surtout l'histoire de Lou qui, grâce à No, va grandir. C'est aussi l'histoire de sa famille, déchirée par un évènement tragique et qui n'a de famille que le nom, qui va profiter de la présence de No pour se reconstruire. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler.


Le livre parle des sans abris sans pourtant devenir moralisateur. Lou connaît les limites de son pouvoir sur les choses et a parfois des envies de laisser tomber, elle ne se fait pas d'illusions mais encourage à aider comme on le peut. Pour elle, la seule qui importe c'est No, elle ne cherche pas à sauver tout le monde. Ce livre est une très joli histoire permettant une prise de conscience sans toutefois être moralisateur.


Lou est très attachante, elle pose un regard à la fois mature et enfantin sur le monde. J'ai aimé suivre son intérêt pour tout, ses questionnements constants et ses expériences. Elle va beaucoup compter sur Lucas qui, lui aussi, est attachant même si on le connaît moins. Sa relation avec Lou est touchante, il sait qu'elle est spéciale mais ne se moque pas comme les autres. Les parents de Lou témoignent de son mal être avec une mère complètement déprimée et un père qui essaye de maintenir la famille à flot. No n'a pas eu une vie facile et a peut être été trop cassée (comme dit Lucas) pour qu'on puisse recoller les morceaux et nous montre que tout n'est pas aussi facile qu'on le pense. Jusqu'au bout on se demande si elle va s'en sortir mais ce qui est sûr, c'est qu'elle aura provoqué beaucoup de changements dans le petit monde de Lou.


J'ai adoré ce roman, vraiment touchant, qui ouvre les yeux sans nous donner de leçons.




Publié le 22 août 2012