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lundi 6 octobre 2014

La couleur pourpre, Alice Walker


Abusée, engrossée deux fois par son beau-père, le cauchemar de Celie, quatorze ans, ne fait que commencer. Elle est vite mariée à Albert, qui cherche une domestique plus qu’une épouse… Dans ce ménage improbable, le mépris du mari va de pair avec les coups. Nettie, sa jeune sœur qui s’est installée avec eux, est chassée par Albert pour avoir refusé ses avances et réussit à partir pour l’Afrique. 
Ne sachant pas où joindre sa sœur, Celie commence pourtant une correspondance avec celle-ci, et adresse ses lettres à ce « cher bon Dieu ». Même sans retour de courrier, c’est la seule solution que trouve Célie pour ne pas sombrer dans la folie. Elle se raconte, sans misérabilisme, décrivant le cauchemar de la violence et de l’isolement mais aussi l’espoir qui naîtra de sa rencontre avec la sensuelle Shug Avery, auprès de qui Celie apprivoisera son corps, apprendra l’estime de soi et connaîtra l’amour.



Mon avis :

C’est d’abord avec le film que j’ai découvert l’histoire de Célie Et Nettie. Et si vous ne l’avez pas vu, je vous le conseille car Whoopi Goldberg est tout simplement excellente dans le rôle de Célie (les autres acteurs sont très bons aussi) et l’histoire est très belle.


C’est un roman épistolaire avec une particularité : Célie adresse ses lettres à Dieu. Ce n’est qu’après un long moment que ses lettres sont écrites à sa sœur, Nettie. Je vais parler tout de suite de celle-ci, elle disparaît très tôt de la vie de Célie et on ne découvre ce qui lui est arrivé que plus tard et en un seul tenant ou presque. Elle a beaucoup à raconter et je ne vais pas vous gâcher la surprise en vous en révélant trop mais c’est riche en événements et en questionnements, notamment sur la modernisation de l’Afrique et la place des femmes dans la société. Nettie est distante, géographiquement et temporellement de Célie, personnage principal, donc je me suis moins attachée à elle. A travers son récit, c’est un peuple et un pays qu’on découvre, ce sont des transformations qu’on vit et qu’on ne peut empêcher et des personnalités qui se construisent. C’est aussi une très belle et intéressante histoire mais dans laquelle on s’implique moins.


C’est dans l’histoire de Célie qu’on s’implique et ce, dès le début. C’est une femme soumise, d’abord à son père puis à son mari qu’elle appelle juste « monsieur ». Grace à des rencontres, et notamment sa rencontre avec Shug, la maîtresse de Monsieur, elle va évoluer. Et c’est cette évolution qu’on suit dans le roman. C’est sous-jacent, progressif, et les effets des influences se font ressentir petit à petit jusqu’au coup d’éclat de Célie qui les surprend tous (et qui m’a procuré une vraie joie car je me suis vraiment attachée à elle et j’attendais qu’elle se révèle). Cela se voit aussi dans sa façon d’écrire qui passe de très limite à un style plus travaillé. Célie est une femme exceptionnelle dont la vie a provoqué de nombreuses émotions chez moi : avec elle, j’ai ri et j’ai pleuré. Mais ceux qui l’entourent sont aussi de sacrés personnages. Il y a Shug, qui va aider Célie à sortir de sa coquille, indépendante et provocante ; Monsieur, mari violent mais aussi capable d’aimer ; Harpo, fils de Monsieur, homme amoureux plus dominé que dominant ; Sophia, femme de Harpo mais surtout femme de caractère. Après Célie, c’est elle qui m’a le plus touchée, il lui arrive des choses horribles et humiliantes mais elle s’en relève, je l’ai adorée.


Ce roman parle de femmes fortes qui parfois s’ignorent mais qui sont capables de réussir quand elles croient en elles. Ce sont des femmes admirables et touchantes, et c’est un roman magnifique.



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